samedi 1 août 2009

Ma chère enfant

Il y a deux livres que j'ai particulièrement aimé lors de mes années d'école primaire. Pour tout dire, ils sont encore dans ma bibliothèque alors que les autres ont disparu depuis longtemps.

Le premier, c'est "Le môme en conserve" de Christine Nöstlinger. Je crois qu'il date de mon CE1.
Je vous résume l'histoire vite fait : Mme Bartolotti, une femme excentrique et tête en l'air reçoit un jour une énorme boîte de conserve. Comme elle découpe de nombreux coupons réponses pour obtenir des cadeaux à tous les concours qu'elle trouve et qu'elle commande une montagne d'objets inutiles, elle ouvre la boîte et découvre... Frédéric. Un enfant instantané qui, après avoir été recouvert de bouillon de culture, se révèle être un enfant de 7 ans, bien élévé (trop ?) qui déclare que Mme Bartolotti est sa mère. Mais très vite, l'usine qui a envoyé Frédéric par erreur cherche à le récupérer. Mère et fils vont lutter pour désaprendre à Frédéric tout ce qu'il a appris et l'empêcher ainsi de retourner dans cette usine qui pré-fabrique les enfants.



Le second roman (j'en parle même si ce n'est pas le sujet de ce post), c'est "Niourk" de Stefan Wul (lu en CM2, je crois) : dans une Terre future, ravagée par un cataclysme et revenue à l'état primitif, une race de poulpes radioactive domine les hommes. Un enfant noir (c'est aussi son nom : "l'enfant noir") est rejeté par sa tribu. Il se retrouve confronté aux pouples et, lorsqu'il en tue un, mange son cerveau (reflexe primitif) alors son intelligence se développe. Il se retrouve à Niourk (New York), ville fantôme, où il découvre une technologie abandonnée...

Autant vous dire que, même si je lisais peu, j'aimais déjà la SFFF.

Pourquoi je vous parle de ces romans ? Parce que je me sens comme Mme Bartolotti en train de finir un tapis, en ce moment. Je vous explique : Le métier de Mme Bartolotti, c'est tisser des tapis ("les plus beaux et les plus colorés de toute la ville"). Et quand elle se parle à elle même, elle s'appelle "Ma chère enfant". Il y a un passage que j'ai gardé en mémoire jusqu'à aujourd'hui (je viens de le retrouver en détail) :
"Mme Bartolotti [...] décida de terminer son tapis en nouant les franges. Elle aurait déjà dû le livrer depuis deux semaines. Nouer les franges est un travail épouvantablement monotone, ce qui explique qu'elle le repoussât de jour en jour. Elle le repoussait toujours jusqu'au moment où elle avait absolument besoin d'argent. Or, elle venait de dépenser toutes ses économies pour vêtir Frédéric.
Mme Bartolotti prit donc une pelote de laine verte et une navette en bois. Elle embobina la laine autour de la navette et coupa tous les fils du tapis avec une grande paire de ciseaux. Elle se retrouva donc face à une houppe de fils de même longueur.
"Ma chère enfant, se dit-elle, prends ton crochet et noue les franges.
— Tout de suite, Maman !" répondit Frédéric."

Après cela, bien sûr, elle doit expliquer à Frédéric qu'elle se parle à elle-même, qu'à cause du féminin, il ne devrait même pas se poser la question et qu'en plus elle ne lui demanderait jamais de faire son travail à sa place.

Enfin bref. Tout ça pour dire que le "ma chère enfant" m'est resté pour les tâches pénibles que je n'ai pas envie de faire.
Hier soir, je me suis dit :
"Ma chère enfant, allume ton ordinateur et allège tous les "mais" de ta première partie."

5 commentaires:

Black a dit…

Jolie comparaison ^^ et bon courage pur les "mais" ! J'en suis victime aussi.

Amibe_R Nard a dit…

Edition rechercher/remplacer

"mais"
par
"Cependant" (ou "et", pour varier)

Pas trop difficile.

Tu as un autre exercice, comme celui-là ?

:o))

l'Amibe_R Nard

NB a dit…

C'est pas dur mais (ah ah) c'est pénible...

J'avoue que "toutefois" et "néanmoins" ont eu leur petit succès.

Mais (ah ah) c'est la touche Suppr qui a été le plus solicitée (surtout sur les "mais" en début de phrase !)

Samantha a dit…

Jolie anecdote ^^ Et puis le roman et le tapis, au niveau du degré de finition, on est dans le même registre ;)

NB a dit…

C'est vrai. Et les finitions font toute la différence !